NOTICE COMMÉMORATIVE

Bernard Le Dréau (44)

Policier

21/08/1982 Mortellement blessé
Bernard Le Dréau
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Dernier emploi Techniciens du service des explosifs au laboratoire central
Cause du décès Mortellement blessé
Décédé 21/08/1982
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LES CIRCONSTANCES

Circonstances du décès

Bernard a été tué alors qu'il désamorçait une bombe. A la mi-journée du samedi 21 Août 1982, un engin explosif destiné à assassiner un conseiller commercial de l’ambassade des États-Unis alors qu’il manoeuvrait son véhicule diplomatique, se détachait et chutait sur la voie publique, face au N°50 Avenue de la Bourdonnais à Paris (VIIe).
En proie à une vague d’attentats liés à l’instabilité au Proche-Orient, la population parisienne se montrait très vigilante ; une passante remarqua l’objet et le signalait aussitôt aux services de police.
Un car de police-secours fut dépêché sur les lieux et le brigadier en charge de l’équipage se rendit près de l’objet pour le jauger. Il déclencha aussitôt une procédure renforcée et fit évacuer la voie de ses piétons et usagers de la route. En agissant de la sorte, l’équipage sauverait de nombreuses vies humaines.
Un périmètre de sécurité étanche fut mis en place dans l’attente qu’une équipe de déminage neutralise l’explosif.
Quelques instants plus tard, un technicien et un ingénieur du service des explosifs du laboratoire central de la préfecture de police arrivaient sur les lieux. Après un premier passage, ils se portaient à pied vers l’engin, bien conscients du danger réel et mortel qu’il représentait.
Alors qu’ils se trouvaient tous deux à proximité immédiate, la bombe explosait.
Le technicien Bernard Le Dréau, quarante-six ans, fut tué sur le coup. Atrocement mutilé, l’ingénieur Bernard Mauron, trente-sept ans, était transporté inconscient à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière dans un état désespéré.
L’après-midi même, l’attentat dans un premier temps revendiqué par le groupe terroriste d’extrême-gauche Action Directe, était en fait signé par les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises qui bénéficiaient effectivement de leur soutien logistique.
Les FARL formaient une organisation terroriste pro-palestinienne créée en 1979 dénonçant les incursions de l’armée israélienne dans le sud Liban avec le soutien supposée de l’administration américaine.
Bénéficiant du soutien du parti nationaliste syrien et militant pour la création d’un état palestinien, les FARL furent à l’origine de plusieurs assassinats et tentatives d’assassinats de diplomates américains à travers le monde, et plus particulièrement à Paris.
Une information judiciaire était ouverte contre X pour “destruction par explosifs de biens mobiliers et immobiliers ayant entraîné la mort et des infirmités permanentes, homicide volontaire et tentative d’homicide volontaire”, était confiée à Mlle Anzani, le juge d’instruction chargé des dossiers de deux des trois attentats déjà revendiqués par les FARL contre deux diplomates américains et un diplomate israélien.

Le 6 septembre, Bernard Mauron, trente-huit ans, succombait à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière.
Le 12 octobre, Frederic Oriach, vingt-huit ans, militant marxiste-léniniste soupçonné d’appartenir à Action Directe était interpellé dans la gare du Nord à Paris, d’où il retirait deux sacs d’une consigne automatique.
Les policiers y saisissaient de manière incidente des documents évoquant des objectifs d’attentats antisionistes et anti-impérialistes, et des textes manuscrits autocritiques d’attentats déjà perpétrés à Paris au cours de l’année, dont celui de l’Avenue de la Bourdonnais.
Niant catégoriquement sa participation directe, il saluait néanmoins la réalisation de cet attentat. Il fut condamné à 5 ans de prison en appel pour association de malfaiteurs en novembre 1983, puis libéré le 11 Avril 1986.
Le 24 octobre 1984, Georges Ibrahim Abdallah, un chrétien libanais marxiste léniniste était arrêté à Lyon par la Direction de la Surveillance du Territoire (actuelle DGSI).
La perquisition menée dans l’un de ses appartements, 18 rue Auguste Lacroix dans le 3ème arrondissement, amèna à la découverte d’éléments déterminants (faux papiers, documents et textes manuscrits, et une arme utilisée dans deux assassinats de diplomates) prouvant sa complicité dans la réalisation des attentats, assassinats et tentatives d’assassinats perpétrés en France pour le compte des FARL.
En mars 1987, il fut condamné à la prison à perpétuité.
(© Police-Action Solidaire, FR →)
DOCUMENTATION

Sources

HOMMAGE

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