NOTICE COMMÉMORATIVE

Claude Schaffer (42)

Brigadier

30/08/1984 Coup
Claude Schaffer
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Dernier emploi Commissariat d'Auxerre
Partenaire de vie Épouse
Enfant(s) 4
Cause du décès Coup
Décédé 30/08/1984
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LES CIRCONSTANCES

Circonstances du décès

Claude a été abattu au cours d'une mission. Le 30 août 1984, à la suite d’un différend entre usagers de la route signalé à police-secours, deux hommes auteurs de violences étaient retrouvés assis à la terrasse d’un café de la Place des Cordeliers à Auxerre (Yonne).
A la vue des deux policiers allant à leur rencontre, les deux suspects prenaient la fuite à pied à travers les vieilles rues du centre-ville, jusque dans la petite impasse Guinois.
L’un prenait la fuite en escaladant une palissade ; l’autre exhibait de façon soudaine une arme de poing et fit feu sans aucune hésitation sur ses poursuivants. Claude Schaffer, quarante-deux ans, était tué net ; son collègue Alain Gounel était très grièvement blessé.
Le meurtrier et son complice évitèrent les différends barrages de police et de gendarmerie mis en place, et prenaient la direction d’Avallon à bord d’une camionnette volée, finalement incendiée.
Le Service Régional de la Police Judiciaire de Versailles les localisait rapidement ; les deux truands et trois personnes visés pour recels de malfaiteurs, furent interpellés.
Suffisamment stupides pour avoir attiré l’attention sur eux, l’enquête démontrait que Gilles Blanchard, vingt-quatre ans, et Abdelhamid Hakkar, vingt-neuf ans, avaient en fait été surpris par les deux policiers dans les préparatifs d’un vol à main armée.
Impliqué dans plusieurs braquages violents commis dans le Doubs et le Jura, Hakkar s’était évadé du palais de justice de Besançon trois ans plus tôt.

En décembre 1989, la cour d’assises de l’Yonne condamnait Hakkar à la réclusion criminelle dite à perpétuité, peine assortie d’une mesure de sureté de dix-huit ans pour meurtre, tentative de meurtre, vols avec port d’arme, vols avec violences.
Après une série de renvois, Hakkar refusant de comparaitre, la condamnation fut prononcée en son absence. Son pourvoi en cassation fut rejeté l’année suivante. Blanchard fut condamné à dix ans de réclusion criminelle ; il bénéficia dès 1992 d’une libération conditionnelle.

En juin 1995, saisie par Hakkar depuis sa cellule, la Cour Européenne des Droits de l’Homme jugea le procès inéquitable, arguant qu’entre le premier acte de l’instruction et la condamnation, six ans et demi ont passé en violation du principe du “délai raisonnable”.
La Commission estima en outre que le refus de la cour d’assises de renvoyer le procès à une date ultérieure « peut être considéré comme ayant porté atteinte à l’activité essentielle de la défense qui était nécessaire à la préparation du procès ».
Affirmant que « la défense n’a pas été assurée d’une manière suffisante et effective », la Commission déclara, à l’unanimité, que la France a violé l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme qui stipule que tout accusé doit « disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense » et doit pouvoir « se défendre lui-même ou être assisté d’un défenseur de son choix »

En mars 1997, le comité des ministres du conseil de l’Europe estima définitivement que la France n’a pas respecté la convention des droits de l’homme dans l’affaire Hakkar et demanda qu’un nouveau procès ait lieu. La somme de 62 000 francs à titre de dommages et intérêts fut versé par la France à Hakkar.

En février 2003, la cour d’assises de l’Yonne condamna à nouveau Hakkar à la réclusion criminelle à perpétuité, mesure assortie d’une peine de sûreté de dix-huit ans. Peine confirmée en appel en 2005.

En mars 2012, alors considéré comme l’un des plus vieux détenu de France, Hakkar fut libéré à cinquante-six ans sous contrôle judiciaire électronique, après quatre tentatives d’évasion et sans jamais avoir reconnu sa culpabilité.

Invalide à 55%, Alain Gounel a pu assisté aux différentes audiences et à la libération de Hakkar depuis son fauteuil roulant.
(© Police-Action Solidaire, FR →)
DOCUMENTATION

Sources

HOMMAGE

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